ren

wandering around

Réflexions sur la divulgation d’une religion

En naviguant entre blogs cette nuit, j’en ai trouvé un  dont la démarche pouvait être intéressante, en ces temps de spiritualité en grande distribution.

Selon son propre titre, le but est d’expliquer la religion de l’auteur. Je ne désire pas ici indiquer la quelle; mes réflexions sont applicables à toutes, et la nommer ne servirait qu’à renforcer un peu plus les positions des pros et des contras …

La démarche explicative choisie et revendiquée, se base sur une comparaison entre les autres religions et sociétés, et celle de l’auteur. Rien de moins …

Sans considérer cette ambition excessive, le ton initial me semblait humble, ce qui change agréablement de ce qui se pratique habituellement sur ce sujet. 

L’auteur avoue être un converti récent, ayant tout de même réalisé quelques années de formation sur sa croyance, et pratiquant régulier. Première contradiction importante: les humbles compétences annoncées ne semble pas suffisantes pour établir un aussi vaste comparatif que celui annoncé au début. Enthousiasme compréhensible d’un esprit emporté par sa nouvelle foi ?

Le post que j’ai lu établi ensuite une première comparaison, tel qu’annoncé. Le sujet est l’approche et le vécu d’une fête, selon que l’on soit ou non croyant.

Si la description faite du comportement des croyants est assez fidèle, elle est cependant très “théorique”. Ce n’est finalement que la description des préceptes à suivre, et le sous-entendu fait que tout croyant de cette religion suit ces préceptes à la lettre.

Quand à la catégorie des “autres religions et sociétés”, elle est réduite à sa plus simple expression. Celle d’un groupe d’individus abusant de l’alcohol, considéré non seulement comme “unique” moyen de faire la fête, mais aussi comme “effaceur” des problèmes d’une vie insatisfaisante.

Là, bien sûr, l’humilité initiale de l’auteur se réinterprète … On n’est finalement que sur une banale et bien peu subtile tentative de “porter la parole bénie” aux incroyants.

D’où vient donc cette habituelle propension qu’on une bonne part de croyants à considérer que “leur” religion est la seule porteuse de vérité, présentant les non-croyants au mieux comme de pauvres êtres perdus et au pire comme des hérétiques dignes de la destruction immédiate ?

Adhérer à une croyance spirituelle est, en soit, un choix personnel, questionnable certes mais respectable. Par contre, cette adhésion, si elle se veut honnête, mène obligatoirement à la pratique fervante des préceptes.

D’autre part, faire de la compréhension de sa croyance une part de sa pratique, devrait être le seul chemin à suivre. Et cette recherche de compréhension mène forcément à la remise en question, non pas des préceptes, mais de l’application que le croyant en fait. De là devraient naître humilité face à la somme de savoir à acquérir, et tolérance envers les autres …

Bien peu de croyants véritables, finallement …

August 1, 2007 Posted by | Human kind | 1 Comment

Barbares et gens ordinaires

C’est parce qu’ils sont commis par des gens ordinaires, que les crimes les plus atroces nous sont incompréhensibles.

Instinctivement, à la découverte d’un massacre, d’un génocide, ou encore d’un meurtre particulièrement odieux, nous cherchons à voir comme coupables les monstres qui ont peuplé notre enfance, dans les contes ou dans la réalité.

Nous cherchons peut-être un faciès hideux, une puissance musculaire difforme, des haillons ensanglantés… Ou alors, ne nous vient à l’esprit qu’une image volontairement floue, sombre, rendue menaçante par l’absolu manque d’informations qu’elle nous livre.

Là, oui, nous arrivons à accepter la réalité de la boucherie, saturant les sens, que représente un massacre. Les blessures les plus horribles, la dégradation corporelle la plus inattendue nous semble quasi normale; on s’y attend, car oeuvre d’un monstre.

Mais, comment transposer cette non-définition du monstre à l’image, bien trop réelle, du fils du boulanger, du voisin, ou de l’aimable gérante de la supérette du coin.

Comment accepter de voir ces visages, avec leurs sourires ou leurs cernes, leurs rides, toutes ces formes si humaines, sous les masques et couvre-chefs de ces milices de l’Ombre. Celles-là même que notre imaginaire nous suggère, pour nous faire accepter l’innomable capacité de notre espèce au carnage le plus dénué de toute forme d’instinct de vie.

Peut-être préférons nous imaginer ces monstres anonymes, ces ombres menaçantes, de peur de devoir envisager l’idée, plus inconcevable encore, que nous pouvons nous mêmes être un jour ce visage si humain, et pourtant artisan de l’innomable ?

Malheureusement, ne pas faire face, ne pas se forcer à imaginer, c’est autoriser l’Histoire à se reproduire.

 

 

July 24, 2007 Posted by | Human kind | Leave a Comment

Etrange Boudha

Ce jour, je suis tombé sur une bien étrange représentation du Boudha.

Petit morceau de bois posé sur un bureau, à peine de quoi remplir le creux d’une main adulte.
Légèrement patiné par endroits, crasseux à d’autres, il affiche à la fois les marques d’intérêt que lui portent les visiteurs de ce cabinet médical, et l’agnosticisme de son propriétaire.

Le bois en est quelconque, voir même plutôt laid. Les veines qui le parcourent, tout comme sa couleur café au lait, lui donnent l’aspect d’une babiole de bazar à gogos.

Sa première acroche, son premier élément dérangeant, c’est son aspect ; ses lignes compactes, massives, l’inscrivent dans un cube. Mais pourtant, les courbes de ces mêmes lignes, la position qu’elles donnent au corps, amènent à l’esprit une sphère solidement ancrée sur son socle.

Déjà, l’esprit s’en trouve inconsciement incomodé.

La position du corps prolonge le sentiment, et intrigue.
S’il est comme souvent pour un Boudha, assis en lotus, le buste est totalement recourbé vers l’avant, cachant le visage dans les mains, prolongations des avants-bras posés sur les cuisses.

On ne sait s’il est simplement endormi, ou si un désespoir sans nom l’afflige.

Un détail s’impose ensuite, évident : la musculature.
Ce Boudha est puissant. Les muscles des bras sont à la fois volumineux et saillants, comme peuvent l’être ceux d’un excellent gymnaste en plein effort.
L’arrondi du dos est profondément creusé par le sillon de la colonne vertébral, révélant ainsi une masse imposante de force contenue.
La partie visible des mains les laissent imaginer courtes, carrées et d’une puissance accordée aux bras les portant. La tête est lourde, la nuque noyée dans la masse du dos.

Ce dieu est physique, terrestre. Une force de la Nature. En contradiction avec l’essence divine ?

Quelque chose dérange …
On ne sait si c’est son apparente insignifiance, qui la rend justement très proche de la pensée qu’elle représente. Ou encore la position; difficile d’accepter la réalité du désespoir d’un tel être.

Elle n’est même pas « bien » sculptée; certaines lignes sont trop brusques, d’autres inexistentes. Il n’y a pas là l’harmonie que peut amener la maitrise technique.

Est-ce cette constante contradiction qui dérange ?

Serait-il possible que l’artiste aie touché au divin, par l’imperfection même de sa réalisation ?

July 11, 2007 Posted by | Art feeling | Leave a Comment

Amnésie

Ce jour, plusieurs sourdes explosions m’ont tiré de la normalité de quelques tâches ménagères.

Mon premier réflexe a été de les compter … comme si leur nombre pouvait me donner leur signification ?

J’ai essayé de comprendre le son qu’elles rendaient, cherchant à les attribuer à quelque chose de « normal ».

J’ai pensé à ma femme, aussi à mes deux filles. Les savoir loin, de l’autre coté de cette ville ne m’a pas suffit. Le son porte loin, et ce qui semble aténué ici peut être l’expression de l’enfer là-bas …

Quand j’en ai compté six, mon esprit a accepté la notion de catastrophe, de mort. J’ai juste cherché à comprendre, visuellement, ce qui les avait provoqué. Evaluer les dégâts, définir une réaction intelligente, éviter si possible une situation pire, c’est tout.

Pendant quelques secondes, peut-être quelques minutes, je me suis senti vivre une situation de guerre, dans toute sa froide imbécilité.

Et j’ai fini par comprendre que ce n’étaient que les coups de semonce d’un voilier historique quittant le port, se faufilant entre les quais couverts de badaux venus assister à son départ.

J’ai visité ce voilier, avant; j’ai vu l’innomable boucherie que pouvait être une bataille navale sur une telle embarcation, avec de tels canons. Déjà à ce moment, la totale insouciance, ou le manque d’imagination (?) des visiteurs face à ce qu’ils regardaient m’a semblé étonnante, presque incompréhensible.

Aujourd’hui, quelques heures avant ces coups de semonce qui m’ont projeté dans un autre monde, j’ai vu une cérémonie: la commémoration du génocide d’un peuple. N’étaient présents que quelques militaires haut gradés, et quelques anonymes entourés de nos forces de police, souriantes et détendues … probablement faisant partie aussi plus tard des badaux applaudissant aux coups de semonce du voilier.

De la très courte mémoire de l’humain …

July 2, 2007 Posted by | Human kind | Leave a Comment

   

Follow

Get every new post delivered to your Inbox.